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A l'instar de François 1er qui se plaisait à venir chasser sur les terres giboyeuses de Sologne Bourbonnaise d'illustres personnages ont vécu, séjourné ou bien encore sont nés en Sologne Bourbonnaise. Notre objectif n'est pas d'en dresser ici la liste complète mais Chevagnes en Sologne Bourbonnaise s'étant intéressée un peu plus précisément à certains d'entre eux, elle se propose de présenter ici le fruit de son travail : qui sont-ils, quels liens avec la Sologne Bourbonnaise ?

 

 

 

 

Antoine et Victor de Tracy, originaires de Paray-le-Frésil, ont marqué leur époque aux 18 et 19è siècles, tant sur le plan national que sur le plan local.

Antoine Destutt de Tracy

--Philosophe du siècle des Lumières, Antoine Destutt de Tracy était un descendant d’une célèbre famille écossaise venue en France au début du 15è siècle pour guerroyer avec le roi de France et bouter les Anglais hors de nos frontières. La carrière des armes se transmettait de génération en génération. La famille est installée à Paray-Le-Frésil depuis 1640 et ses descendants y résident encore.

 

Antoine, né en 1754, fut très tôt orphelin. Son père, avant de mourir, lui avait fait promettre d’embrasser la carrière militaire comme tous ses aïeux. Il acquit à Strasbourg toutes les connaissances nécessaires à un jeune officier et, en même temps, son habileté dans tous les exercices du corps se perfectionna au point d’en faire un gentilhomme accompli, prêt à faire dans le monde sa plus brillante rentrée. Il fut à la tête du régiment d’infanterie que possédait le duc de Penthièvre, oncle de son épouse Emilie de Durfort-Civrac. Cette charge ne l’empêcha pas de faire de nombreux séjours à Paray-Le-Frésil où il s’occupait de ses terres tout en développant son esprit de méditation qui a exercé sur sa vie une si longue et si décisive influence.

En 1789, le roi convoqua les Etats-Généraux. La noblesse du Bourbonnais ne se montra pas rebelle aux sages réformes réclamées par l’opinion publique. Antoine de Tracy fut désigné pour être l’un des trois députés de la noblesse. Il s’associa à la fameuse nuit du 4 août. Ses idées évoluèrent et il passa, plus tard, au Tiers Etat.

Maire de sa commune de Paray-Le-Frésil, il fut élu président du département de l’Allier. Plus tard, il fut nommé maréchal de camp commandant la cavalerie de l’armée du nord sous les ordres de son ami La Fayette dont le fils épousa l’une de ses filles. Il s’installa à Auteuil et fréquenta les philosophes de l’époque : Cabanis, Condorcet, Chénier . Mais à cette époque, il était difficile de demeurer hors du temps et le 2 novembre 1792, il se voyait appréhender en tant qu’aristocrate malgré ses idées avancées. Emprisonné aux Carmes, il ne dut son salut qu’à la chute de Robespierre le 9 Thermidor. A sa sortie de prison, il abandonna l’armée pour se consacrer à la poursuite de la philosophie. Il devint membre du Comité de l’Instruction publique et participa à la création des Ecoles Centrales. Après avoir été en l’an IV nommé membre correspondant de l’Institut National, classe des Sciences Morales et Politiques, il entra en 1908 dans la classe de Langue et de Littérature Française . Il a écrit un traité d’idéologie toujours en vogue dans les universités. On lui doit la paternité du mot « idéologie ». Il laisse une somme considérable de travaux d’ordre philosophique et moral.

Très en avance sur son temps et critiquant le conservatisme des gens de sa condition, il prônait le divorce par consentement mutuel, s’insurgeait contre les mariages arrangés : les adolescents devant pouvoir se fréquenter librement hors de la présence des parents.

Archétype des penseurs du siècle des Lumières, émule de Voltaire, Antoine Destutt de Tracy a grandement contribué à l’évolution de la société de son époque.

Victor Charles de Stutt de Tracy

Fils d’Antoine, né en 1781, il fut dès son plus jeune âge destiné à la carrière militaire. Il entra à Polytechnique et en sortit premier de sa promotion en 1800. Il était capitaine du génie au moment de la fondation de l’Empire dont il fit de nombreuses campagnes : Austerlitz, Constantinople, l’Espagne, la Russie où il demeura prisonnier jusqu’en 1814. Après ces faits d’armes, il fut député de l’Allier en 1822 puis nommé ministre de la marine en 1848 par le prince Louis Napoléon, président de la République. C’est entre ces deux dates qu’il se consacra particulièrement à ses terres de Paray-Le-Frésil mais les Bourbonnais retiendront surtout de cette homme, non pas ses faits d’arme, non pas sa vie politique bien remplie, non pas non plus son second mariage avec Sarah Newton, descendante du célèbre physicien anglais, mais l’œuvre entreprise sur ses terres de Sologne Bourbonnaise, région argileuse et pauvre, parsemée d’étangs, de tourbières, de mauvaises prairies où paissaient des animaux malingres. Il se mit à étudier les sols et reconnut que sous sa maigre superficie gisait une épaisse couche de marne riche et fertilisante.

Il amenda les terres, combla les marécages, améliora les rendements, s’entoura de gens éclairés comme son ami Mathieu de Dombasle, inventeur de la charrue éponyme, fit venir par la voie du canal latéral à la Loire, tout nouvellement construit, des pierres à chaux concassées dans des fours dont certains sont encore visibles non loin des ports dudit canal. Il ne tarda pas à faire des émules auprès des grands propriétaires terriens et des moines de Sept-Fons. En quelques années, ces terres changèrent totalement d’aspect et n’eurent rien à envier aux régions voisines.

Tout comme son père Antoine, il était en avance sur son temps. On retiendra qu’au cours de sa vie politique aux nombreux régimes différents, il a toujours fait preuve de modération . Victor de Tracy était un humaniste comme en témoigne, entre autres, ses liens particuliers avec Victor Schoelcher , père de l’abolition de l’esclavage, dont il a voté la loi avec enthousiasme.

D'après une étude de Robert Thaveau
Pour en savoir plus :
● Dans la série « Ces Francs-Maçons méconnus » Antoine Destutt de Tracy, Homme de la Liberté : Auteur Georges Renault, Editions Detrad 2001.
● Antoine Destutt de Tracy, l’éblouissement des Lumières : auteur Jean Pierre Harris, Editions de l’Armençon 2009.

Source : Cercle généalogique et Héraldique du Bourbonnais : généalogies Bourbonnaises et du Centre, XXXVIe-Année 2014-Trmestriel-Décembre 2014-N° 144.
Etude de M. Jean Labonne.
 
 
Charles VOISIN
Gabriel VOISIN
 
 
 

Qui était Marie Litaudon ?

--Elle est née le 25 décembre 1886 au lieu-dit « Chantalouette », à Chevagnes. Elle fait ses premières études, de 1899 à 1901, chez les religieuses de Saint-Joseph de Lyon qui avait un externat à Chevagnes et un pensionnat à Beaulon. Elle prépare le brevet élémentaire qu’elle passe en 1901 à Clermont-Ferrand.

--De 1901 à 1909 elle vit en famille dans la « grande maison Charbonnier » à Chevagnes.

--Au printemps 1905, elle fait un premier stage de plusieurs mois comme institutrice dans la famille Larouillère. En 1910, elle entre dans l’enseignement libre où elle fera une carrière de 27 années.

--Premier poste au pensionnat Notre-Dame de Pont-à-Mousson. En 1911, après le décès de sa sœur, elle souhaite se rapprocher de sa famille et vient enseigner à la pension Narcy, à Nevers, puis au pensionnat Saint-Léonard de Corbigny où elle prépare le brevet supérieur qu’elle passe à Paris en novembre 1913.

--En 1914, la guerre éclate. Le pensionnat Saint-Léonard devenant hôpital militaire, elle est transférée au pensionnat Jeanne-d’Arc de Nevers où elle reste jusqu’en 1929. Elle entre ensuite au pensionnat Notre-Dame de Moulins pour y enseigner le français et le latin et publie « Un mariage romantique », lettres inédites d’Achille Allier confiées par une religieuse de l’établissement.

--En 1937, elle quitte l’enseignement et revient s’installer à Chevagnes, avec ses parents âgés. Elle commence alors un remarquable travail de recherches sur tout le canton de Chevagnes, aux archives départementales, à la chambre des notaires, dans les mairies, les sacristies des dix paroisses du canton. Son désir d’utiliser et de faire connaître le fruit de ses découvertes lui font publier quelques études complètes et détaillées en vingt-trois communications données à la Société d’émulation du Bourbonnais. Ce travail d’investigation sur la région de Chevagnes et sur Moulins la passionne. Elle publie successivement : Une plaquette sur Chevagnes (1938) ; « Moulins en 1460 »* (1947) ; « Histoire du canton de Chevagnes 1er tome »* (1950), « Histoire du canton de Chevagnes 2e tome »* (1952) ; « Moulins en 1660 »* (1961) ; « Jean et Guy de Bourbon »* (1965) ; « Jean et Guy de Bourbon, additif »* (1968).

--Marie Litaudon décède le 25 avril 1970, à l’âge de 84 ans.

D'après une étude de Sylvie Rayer
* Les rééditions réalisées par Chevagnes en Sologne Bourbonnaise sont disponibles auprès des membres de l’association. Renseignement auprès du secrétaire : Robert Thaveau, tél. 04.70.43.40.49.

Marie Litaudon, son travail remarquable de précision et de rigueur, ses ouvrages connus et souvent cités en référence par nombre d'historiens, ont été un véritable "moteur" à la création de notre association.

Qui était Gabrielle d'Estrées ?

--Gabrielle d'Estrées est née entre 1570 et 1573 au château de La Bourdaisière ou au château de Coeuvres. Elle était fille d'Antoine d'Estrées - baron de Boulonnois, vicomte de Soissons et Bersy, marquis de Coeuvres, gouverneur de l'Ile de France - et de Françoise Babou de la Bourdaisière.

--En 1590, le Grand écuyer de France présente sa maîtresse, Gabrielle d'Estrées, au roi Henri IV. Le roi, réputé pour être un obsédé sexuel notoire, tombe immédiatement sous le charme. Après lui avoir résisté pendant plusieurs mois, Gabrielle d'Estrées finit par lui céder et devient sa maîtresse en 1591. Le roi est tellement amoureux qu'il répudie Marguerite de Valois, son épouse depuis 1572. Il marie Gabrielle d'Estrées par convention; elle entre à la cour et le roi la fait marquise de Montceaux, puis duchesse de Beaufort.

--Alors qu'elle est enceinte de quatre mois, du quatrième enfant d'Henri IV (Henri IV et Gabrielle d'Estrées ont déjà eu ensemble trois enfants « bâtards »), dans la nuit du 9 au 10 avril 1599 elle est subitement prise de terribles convulsions et succombe vraisemblablement d'une apoplexie foudroyante. Henri IV lui offre des funérailles royales et porte le deuil en s'habillant entièrement en noir, ce qu'aucun roi de France n'avait jamais fait.

Lettre d’Henri IV à Gabrielle d’Estrées (13 juillet 1593) : « Résolvez-vous donc, ma maîtresse, de n’avoir qu’un serviteur. Il est en vous de me changer, il est en vous de m’obliger. Vous me feriez tort si vous croyiez que rien qui soit au monde vous puisse servir avec tant d’amour que moi… ». « J’ai tellement envie de vous voir que je voudrais, pour l’abréviation de quatre ans de mon âge, le pouvoir faire aussi tôt que cette lettre que je finis par vous baiser un million de fois les mains… »

Quel lien avec la Sologne Bourbonnaise ?

--Selon une légende locale, Henri IV aurait rencontré sa maîtresse Gabrielle à Neuilly-le-Réal. Ils se seraient retrouvés dans la Maison Marsiteau, aujourd'hui connue sous le nom de « Logis Henri IV » (cf onglet « La Sologne Bourbonnaise », chapitre « Les communes de la Sologne Bourbonnaise », rubrique Neuilly-le-Réal), une maison qui fut léguée à la commune par M. Aurousset en 1948. Le Logis Henri IV est aujourd'hui un restaurant gastronomique fort apprécié.
S’il est avéré que le bon roi Henri IV fit plusieurs séjours à Moulins, notamment avec Marie de Médicis (cf Les Mémoire de Sully, 1814) et qu’en féroce passionné de chasse il profita sans doute de ses séjours dans la région pour chasser le gibier bourbonnais, il n’est absolument pas prouvé qu’il rencontra Gabrielle d’Estrées en terre neuillyssoise. Et si maîtresse il y eut l’accompagnant ici, il put s’agir d’une toute autre personne : Henriette de Balzac-d’Entragues, dont il tomba follement amoureux après le décès subit de Gabrielle d’Estrées ?
Ou bien Marie Babou de la Bourdaisière, cousine de Gabrielle d’Estrées, dame de compagnie de la reine Louise de Lorraine (femme d’Henri III), en compagnie de laquelle il se plaisait et qu’il retrouva à Moulins effondré après l’accouchement prématuré d’Henriette de Balzac-d’Entrages d’un fils mort-né ?
Lettre du roi à Sully (25 juin 1601) : « J’étais résolu de partir demain matin pour coucher à Cosne pour arriver le lendemain à Moulins, mais les causes que je vous dirai* m’ont retenu icy. Je partirai mardi sans faute pour me rendre à Moulins mercredi, que je n’y séjourne que cinq à six jours au plus… »
* vraisemblablement l’enfant mort-né d’Henriette de Balzac-d’Entragues
Henri IV a fait étape à Bessay-sur-Allier (cf le Recueil des lettres missives du roi Henri IV), mais a-t-il séjourné au Logis Henri IV à Neuilly-le-Réal ? Seul ? Accompagné de Gabrielle d’Estrées ? D’une autre maîtresse ?
Faute d’éléments contradictoires irréfutables, la légende a de beaux jours devant elle et à Neuilly-le-Réal, on l’aime bien cette légende. Pour preuve, une salle destinée à la vie associative porte le nom de « salle Gabrielle-d’Estrées ».

Texte écrit par Sylvie Rayer

* A Neuilly-le-Réal, une association poursuit le même objectif de promotion et de valorisation de l'histoire et du patrimoine de sa commune: Neuilly Hier et Demain. Contact : Marie-Claude Terrasson, 04.70.43.83.37.

Qui était Georges Simenon ?

--Il est né le 13 février 1903 à Liège. De 1908 à 1914, il fait ses études à l’Institut Saint-André de Liège où il est un bon élève. En 1914, il part étudier au collège Saint-Louis, chez les Jésuites. En 1915, il poursuit ses études au collège Saint-Servais où ses notes sont moyennes sauf en Français. En 1919, son père étant malade, il commence à travailler comme commis dans une librairie avant d’être engagé au journal La Gazette de Liège, tout d’abord comme commis, puis comme journaliste et enfin comme reporter, chargé des faits-divers. En 1921, il rencontre celle qui deviendra sa femme, Régine Renchon, artiste peintre, surnommée « Tigy », qu’il épouse en 1923.

La naissance du commissaire Maigret
--En 1923, il écrit des contes pour plusieurs journaux et revues. Mais surtout, c’est précisément en 1923 qu’il devient le secrétaire du marquis Destutt de Tracy et qu’il découvre la Sologne Bourbonnaise, au château de Paray-le-Frésil. A tout juste 20 ans, il s’installe donc dans ce château qu’il juge « froid et sévère mais plein de noblesse et même de séduction ». Simenon assiste le marquis de Tracy dans ses tâches, dont celle de propriétaire du quotidien de Nevers Paris-Centre ; il classe les papiers, répond au courrier, accompagne le marquis au journal ou dans la propriété de Tracy-Sur-Loire où sont organisées des battues, etc. Tigy vient quelquefois lui rendre visite pendant quelques jours à Paray-le-Frésil, à l’insu du marquis, et loge dans une petite maison dans le bourg où il l’a rejoint chaque fois qu’il le peut. Mais Tigy n’est là qu’occasionnellement et Simenon se sent souvent seul. Alors il se réfugie dans l’écriture : contes et petits romans mais aussi de très nombreuses lettres destinées à son épouse et sa mère.

--Les fréquents déplacements à Paris-Centre suscitent en lui un grand enthousiasme et un vif intérêt. Le journal accorde une large place aux faits-divers, un genre auquel il a déjà prêté sa plume à La Gazette. Presque "inévitablement" pourrait-on dire, Simenon renoue avec le journalisme. Du faits-divers aux romans policiers...

--Georges Simenon est un observateur hors pair. Tout ce qui l’entoure : le village et ses habitants, Moulins _ où il apprécie tout particulièrement le charme du Grand Café, place d’Allier _ le château, l’aristocratie mais aussi tout ceux qui gravitent autour exercent sur lui une véritable fascination et façonnent inconsciemment, peu à peu, les intrigues et les personnages qui émailleront ses futurs romans. A commencer par le régisseur du château de Paray, Pierre Tardivon. Paray-le-Frésil devient le berceau de Maigret. Maigret, célèbre commissaire, fils du régisseur du château…

--Une filiation, des personnages et des lieux mentionnés dans plusieurs des romans de Simenon : Les larmes avant le bonheur (1924) où il évoque Paray-le-Frésil ; L’Affaire Saint-Fiacre (1932), où Moulins et Paray sont largement évoquées ; Les mémoires de Maigret (1951), où il évoque encore Moulins et Paray.

Tournage de "L'affaire Saint-Fiacre". A noter qu’à l’occasion de l’adaptation cinématographique originale de « L’affaire Saint-Fiacre », en 1959, par Jean Delannoy (dialogues de Michel Audiard), certaines scènes ont été tournées au Grand Café, à Moulins, et Jean Gabin en personne est venu se promener à Paray-le-Frésil curieux de connaître le « berceau » du commissaire qu’il incarnait à l’écran. C'était un jour de chasse à courre et parmi les nombreuses personnes qui suivaient la chasse, quelques "anciens" se souviennent du passage du grand Gabin.

Monsieur Gallet. Anecdote qui atteste que Simenon puisait effectivement dans la réalité la matière de ses romans : durant la période où Simenon travaillait au service de M. de Tracy, Emile Gallet, ouvrier dans une entreprise moulinoise spécialisée dans l'installation de chauffage central, aurait été envoyé au château de Paray-le-Frésil pendant près d'un mois et demi pour y installer le chauffage. Il y aurait rencontré Georges Simenon sans avoir la moindre idée de qui il était, le prenant même pour le fils du marquis. Les deux hommes se seraient rapidement liés d'amitié. Un jour, Simenon avouant à Gallet être l'auteur de plusieurs nouvelles, il lui aurait confié vouloir s'inspirer de lui pour un de ses futurs protagonistes. Gallet, qui manifestement ne le prenait pas vraiment au sérieux, lui aurait répondu : "je veux bien que tu parles de moi à condition que tu fasses de moi quelqu'un de désagréable et méchant !". Anecdote racontée par un des petit-fils d'Emile Gallet.

--En 1931, Simenon publiait "M. Gallet décédé" dans lequel le personnage central de l'intrigue s'appelle effectivement Emile Gallet. Dans le cadre de cette enquête, le commissaire Maigret se rend à Sancerre, à l'Hôtel de la Loire tenu par un certain M. Tardivon, ancien cuisinier de château...

--En 1924, après deux ans passés entre Sologne Bourbonnaise et Nivernais, Simenon part pour Paris où Tigy souhaitait s’installer depuis longtemps. Fort de son vécu en Sologne Bourbonnaise, de ses observations et réflexions intérieures, véritable "gestation intellectuelle", le jeune Simenon rejoint la capitale animé d’une ferme conviction : il vivra de sa plume ! ...

... Georges Simenon est mort en 1989 à Lausanne, à l'âge de 86 ans, laissant derrière lui une oeuvre littéraire gigantesque : 192 romans, 25 mémoires et 155 nouvelles, sans compter ses premiers écrits publiés sous plus de vingt pseudonymes. 75 romans et 28 nouvelles mettent en scène le commissaire Jules Maigret ! L'auteur a été traduit dans 55 langues, dans 44 pays et a vendu plus de 500 millions d'exemplaires !

Voir les coupures de presse consacrées à Georges Simenon

D'après une étude de Sylvie Rayer
De nombreuses biographies de Georges Simenon sont disponibles sur Internet, notamment celle réalisée par Pierre Assouline : www.0faute.com/biographie.htm
A lire après le décès de Bruno Crémer qui, après Jean Gabin et Jean Richard, endossa le costume du commissaire Maigret à l'écran : Le commissaire Maigret est orphelin, l'acteur Bruno Cr...
malone-actualite.blogspot.com

Qui était René Barjavel ?

--René-Gustave-Henri Barjavel est né le 24 janvier 1911, rue Gambetta, à Nyons, dans la Drôme.

--Fils d'Henri Barjavel, boulanger, et de Marie Paget ; petit-fils de paysans issus d'une lignée de notaires.

--Après l'école primaire, qu'il considérait comme le bagne, il fait ses études au collège de Nyons où il rencontre Abel Boisselier, proviseur qui, lors de sa mutation à Cusset, lui propose de le suivre. C'est donc grâce à Boisselier que Barjavel arrive en Bourbonnais.

--C'est au collège qu'il découvre la littérature : "j'étais un grand lecteur et la vocation d'écrire s'est emparée de moi. Je ne savais pas quoi, ni comment, mais j'avais ce désir".

--Après le bac, il fait de nombreux métiers pour gagner sa vie : pion au collège de Cusset, employé de banque, agent immobilier à Vichy; il donne même quelques cours d'anglais.

--A 18 ans, la chance lui sourit, il débute dans le journalisme au Progrès de l'Allier, à Moulins. Il y acquiert une expérience mais surtout une passion pour un métier qui restera le sien toute sa vie, mais aussi pour le monde de l'écrit dans toute sa diversité et toutes ses techniques.

--En 1935, il devient secrétaire de rédaction de la revue mensuelle Le Document (en quelque sorte le Paris match de l'époque), puis chef de fabrication des éditions Denoël. C'est fin septembre 1935 que Barjavel quitte le Bourbonnais. Il collabore alors à divers journaux, en particulier au Merle Blanc (hebdomadaire), comme critique cinématographique.

--Après la Seconde Guerre Mondiale, installé à Paris, il commence à publier une série de romans d'anticipation qui feront de lui le précurseur de la "science-fiction".

--Il s'intéresse de plus en plus au monde du cinéma. En 1949, il participe pour la première fois à l'écriture d'un scénario : "Femme sans nom" et à partir de 1951 son activité dans le domaine cinématographique prend un tournant décisif. Il est tour à tour adaptateur, dialoguiste de cinéma, il s'essaie même à quelques courts-métrages. Ainsi retrouve-t-on son nom aux génériques de réalisations fort célèbres : Les Misérables, Le Guépard, les Don Camillo, etc.

--Il a même écrit des paroles de chansons et quelques sketches.

--Après ce long intermède dans le monde du cinéma, il renoue avec la littérature en publiant La nuit des temps et Le Grand Secret. Mais il retourne également vers le journalisme en tenant notamment des chroniques dans Le Journal du Dimanche, mais encore à la télévision et à la radio.

--Consécration : en 1980 est diffusé sur la deuxième chaîne de la télévision française le téléfilm en deux épisodes Tarendol, adaptation de l'inoubliable roman du même nom, dont les droits avaient été achetés dès 1946. Barjavel a participé activement à la réalisation de ce téléfilm aux côtés de Louis Grospierre.

--René Barjavel est décédé le 24 novembre 1985, à l'hôpital Cochin, des suites d'une crise cardiaque. Il repose au petit cimetière de Tarendol, face au Mont Ventoux.

Tous ces éléments sont tirés de diverses biographies consacrées à l'auteur et trouvées sur plusieurs sites Internet.

René Barjavel à Chevagnes

--En consultant les registres d'inscription des écoles, on découvre que sa fille Renée, née le 10 mai 1937, fut inscrite du 11 avril au 6 octobre 1944 à l'école de Chevagnes et domiciliée à l'Hôtel du Cheval Blanc. C'est précisément là, dans la cour de l'hôtel, que certains Chevagnois se souviennent de Barjavel assis près du puits situé dans l'arrière cour, rédigeant des feuillets qu'il donnait ensuite à saisir à quelques dactylographes du pays, notamment une des filles Litaudon.

--Contactée récemment, Renée Barjavel n'a que très peu de souvenirs de son séjour à Chevagnes, tout juste se souvient-elle de sa chambre à l'Hôtel du Cheval Blanc.

--Barjavel a vraisemblablement effectué plusieurs séjours en pays chevagnois, malheureusement ceux-ci ne sont relatés dans aucune biographie. Seuls quelques contemporains qui ont côtoyé l'auteur et l'ont vu à Chevagnes ont pu ou peuvent encore en témoigner, à l'image de Georges Guitton, 92 ans, qui a bien voulu nous recevoir et évoquer avec et pour nous les souvenirs qu'il garde de René Barjavel.

Le témoignage de M. Guitton : Georges Guitton habite Chevagnes depuis 1935; ébéniste de métier, il tenait également, avec son épouse, un magasin qui faisait à la fois office de droguerie, bazar, articles funéraires, etc.

--Il se souvient très bien de René Barjavel qu'il a rencontré au Cheval Blanc, chez Sourdille, lorsqu'il y faisait des travaux de menuiserie ou ébénisterie : "René Barjavel était un homme solitaire et mystérieux. J'ai été fait prisonnier le 20 juin 1940 et ne suis revenu de captivité que le 20 mars 1942, ça devait donc être en 1943 ou 1944. Barjavel se plaisait dans le jardin de l'hôtel où il s'installait près du bassin pour écrire. Mais il ne parlait jamais de ce qu'il faisait. Il arrivait à Chevagnes en car, je ne l'ai jamais vu en automobile. Il faisait souvent des promenades à pied jusqu'aux "Ménards" ou au pont des "Ternes" et il ne passait jamais devant notre magasin sans y entrer pour saluer mon épouse. Il aimait se promener dans la campagne environnante car il aimait les vieilles bâtisses et savait apprécier la richesse du patrimoine de Chevagnes".

Le témoignage de Christophe et Lucienne Lébeaupin : rencontre avec Christophe et Lucienne Lébeaupin qui se sont retirés à Decize après avoir vécu, jusqu’en 1961, à Chevagnes.

--Christophe Lébeaupin est né à La Chapelle-aux-Chasses le 17 juin 1922. A partir de 1938, il travaille avec ses parents sur le domaine de « Montchenin », propriété de M. D’Allaines, en qualité de basse-courrier.

--C’est d’ailleurs grâce à M. D’Allaines qu’il rencontre celle qui deviendra son épouse Lucienne Masson, née en 1926 à Paray-le-Frésil. Christophe et Lucienne se sont mariés en 1947. Le couple se souvient parfaitement avoir reçu plusieurs fois la visite de René Barjavel à Montchenin, entre 1943 et 1944.

--Ensemble, ils évoquent, comme Georges Guitton, un homme simple, solitaire et taciturne, qui aimait à se promener dans la campagne solognote. « On sentait bien qu’il aimait la terre, la nature, les choses simples ». Lucienne se souvient particulièrement de Barjavel dégustant avec délectation le fromage blanc préparé par la grand-mère Lébeaupin. Il trouvait à Montchenin une « ambiance » familiale qui manifestement lui faisait défaut. Il adorait notamment la petite Camille (née en 1939), sœur de Christophe Lébeaupin, qui avait à ce moment-là 4-5 ans et avec qui il passait beaucoup de temps. « Il était fou de cette gamine ! Avec Camille, il était différent : beaucoup plus expansif, plus chaleureux ! », se souvient Lucienne. C’était pendant la guerre, il était séparé de sa femme et de ses enfants qu’il voyait peu et, bien qu’il n’ait _ évidemment _ jamais fait la moindre confidence à ce propos, sans doute Camille comblait-elle ce vide affectif !

--« On avait remarqué qu’il n’aimait pas parler. Tout juste échangeait-il quelques banalités, pour la forme, avec nous ! Par contre, quand il allait manger son fromage, il conversait plus facilement avec la grand-mère », mais sans pour autant se mettre à nu : quid de sa vie privée et de ses activités ! Des rares conversations échangées avec l’auteur, la famille Lébeaupin conserve toutefois le souvenir de sa farouche et incessante opposition à la guerre.

--Christophe et Lucienne ignoraient qu’il était marié à Madeleine de Wattripont et qu’il avait deux enfants. Seule Denise (née en 1928), une autre sœur de Christophe, se souvient l’avoir vu un été, pendant les grandes vacances, se promenant en compagnie de deux enfants en bas âge, un garçon et une fille. Elle comprit dès lors qu’il s’agissait de ses enfants. C’était vraisemblablement durant l’été 1944 puisque Renée, l’aînée des enfants Barjavel, âgée de 7 ans, était inscrite sur les registres scolaires d’avril à octobre 1944. Tous confirment, comme Georges Guitton, qu’ils logeaient au « Cheval Blanc ».

--Encouragée par cette rencontre avec les membres de CSB, Lucienne s’est remise à la lecture. Elle découvre Barjavel l’auteur et espère trouver dans ses textes des « indices » qui pourraient faire remonter dans sa mémoire de nouveaux souvenirs… Qu’elle ne manquera pas de communiquer à CSB bien sûr ! Elle compte également mener sa propre enquête au sein même de sa famille ou parmi ses connaissances de l’époque pour retrouver éventuellement des personnes qui auraient côtoyé la petite Renée sur les bancs de l’école communale de Chevagnes...

Quand Barjavel évoque le Bourbonnais dans ses écrits

"Journal d'un homme simple" : Dans "le journal d'un homme simple", le 25 août 1949, Barjavel écrivait sous le titre "Les guerres du temps jadis" : "Il y a cinq ans, Paris était libéré. J'ai vécu ces jours-là du haut de mon balcon, qui domine tout Paris. J'ai vu les fumées monter dans son ciel. J'étais seul. J'avais mis ma femme et mes enfants "à l'abri", à la campagne. Ils ont failli être mangés tout crus par les Mongols d'Hitler, qui se repliaient justement en passant par là. Moi, j'étais bien tranquille pendant ce temps, et j'écrivais mon journal.

--A cinq ans d'intervalle, il a pris une certaine saveur. Voulez-vous le lire ? Je vous donne ma parole qu'il a bien été écrit en août 1944, et que je n'y ai pas ajouté un mot. Au contraire. J'ai coupé. Tout ce qui me regardait moi seulement, et pas vous. Excusez-moi...".

"Demain le paradis" : (page 927, édition Omnibus) "Si j'étais Dieu, je viendrais en France au printemps. Je choisirais le Bourbonnais à cause de la douceur de ses collines où l'on a envie de promener sa main comme sur une femme.

"Les années de l'homme" : (page 782, édition Omnibus) "Je viens de passer une semaine en Bourbonnais où, par bonheur, on a peu coupé les arbres (...). Les paysages du Bourbonnais sont tout en courbes, douces et riches, seins et hanches coupés qu'on voudrait caresser de la main comme on les caresse de l'œil".

Les travaux de recherche permettant d'attester la présence de Barjavel à Chevagnes ainsi que les citations ci-avant sont le fruit d'un travail collectif de l'ensemble des membres du bureau de l'association CSB. Quant aux témoignages, ils ont été recueillis personnellement par la présidente de l'association qui témoigne toute sa reconnaissance aux intervenants.

Qui était Constant Detré ?

--De son vrai nom Szilard Eduard Diettmann, Constant Detré est né le 2 janvier 1891 à Budapest.

--Après ses études secondaires, il quitte son pays natal pour l’Allemagne. A Munich, il travaille la peinture avec Simon Hollosy, célèbre peintre impressionniste d’origine hongroise. C’est peu avant 1914 qu’il vient pour la première fois à Paris où il découvre la peinture française. Il participe, en 1925, à l’Exposition des Arts Décoratifs. Durant cette période, il fait connaissance avec de nombreux artistes, dont un certain Henri Matisse, mais surtout avec Jules Pascin dont les œuvres et celles de Detré ont un certain « caractère commun ». Tout comme l’on ressent, dans certaines autres de ses œuvres, l’influence de Toulouse-Lautrec.

--Quand Constant Detré vient s’installer à Garnat-sur-Engièvre

--En 1933, il épouse Claire Carnat, une Bourbonnaise Yzeurienne plus précisément _ rencontrée à Paris, elle-même artiste. Il se fait naturaliser français en 1936.

--C’est d’ailleurs en 1936 qu’il vient s’installer avec son épouse et sa belle-famille à Garnat-sur-Engièvre. Cette période est alors, sur un plan artistique, très féconde. Inspiré par son environnement, tant paysager qu’humain, il réalise une très belle collection de somptueux pastels aux couleurs vives et chatoyantes, représentant portraits de sa belle-famille, de ses amis, de son épouse ou encore paysages. Il lui arrive même parfois de se mettre lui-même en scène !

--Ne dédaignant pas l’huile, l’aquarelle ou l’encre, c’est assurément au pastel que Constant Detré excella. Mais ce fut avant tout un artiste atypique, plein de ressources et aux multiples talents : il fit des traductions d’œuvres, monta un théâtre d’ombres puis, plus tard, un théâtre de marionnettes à fils avec son épouse _ le Théâtre Cou-Cou _ pour lequel ils assurèrent l'écriture des textes, la mise en scène et la fabrication des marionnettes ; il donna également des cours de dessin et mode, puis des cours de théâtre à la célèbre Académie Julian, à Paris…

--134 de ses œuvres furent inscrites au catalogue de la vente du 2 juin 1967 à l’hôtel Drouot comme une « rétrospective Constant Detré autour de Pascin, Modigliani, Kisling, Montparnasse et les années folles 1920-1940 ». Une vente qui connut un succès plus qu’honorable. Une seconde vente à l’hôtel Drouot fut organisée en juin 1969. Un jubilé post-mortem organisé par sa fille en 1995 à Garnat-sur-Engièvre suscita un bel engouement sur le plan local et régional. A cette occasion, M.-C. Diettmann a offert deux tableaux à la commune de Garnat, lesquels sont, aujourd’hui encore, exposés dans la salle des réunions de la mairie.

--Constant Detré est mort le 10 avril 1945 à Garnat-sur-Engièvre.

--Les œuvres de Detré sa production est estimée à plus d’un millier _ sont bien trop rares dans les musées Français et son talent est encore mésestimé en France. C’est à l’étranger _ en Europe et aux Etats-Unis _ que le talent de cet artiste bourbonnais d’adoption est le plus apprécié puisqu'une partie de ses œuvres a été acquise par des collectionneurs privés étrangers, notamment américains.

Biographie et galerie de Constant Detré : www.cdetre.com

Cette page a été réalisée d'après une étude de Sylvie Rayer avec l’aimable autorisation et en collaboration avec M.-C. Diettmann, fille unique de l’artiste et membre de notre association.

Qui est Daniel Duval ?

--Acteur, réalisateur, scénariste, Daniel Duval est né le 28 novembre 1944 à Vitry-sur-Seine, d’une mère Napolitaine et d’un père Français.

--Arraché à ses parents à l’âge de 9 ans, il est confié à l'Institut Saint-Vincent-de-Paul qui le place en Bourbonnais : à La Chapelle-aux-Chasses, plus précisément à la fermette de « Lombet », chez Gustave et Cécile Quenneville, âgés d’une quarantaine d’années.

--Il fréquente successivement les écoles de La Chapelle-aux-Chasses et Paray-le-Frésil. C’est à l’école de Paray-le-Frésil qu’il prépare le Certificat d’études, avec André Masquelet et son épouse, instituteurs, certificat qu’il obtient à 15 ans. Il part alors à l’école des métiers du bâtiment de Felletin, dans la Creuse. Il est un temps apprenti charpentier à Lucenay-les-Aix (Nièvre) puis débardeur sur les quais de Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire) avant que Gustave, ayant compris avant et mieux que quiconque le besoin
« d’évasion » de son fils, ne l’accompagne en gare de Moulins, lui donnant les 150 francs qui allaient lui permettre de rallier Paris et tenter de démarrer une autre vie.

--A cette époque, Daniel Duval ne savait pas qu’il ferait du cinéma. Ce n’était pas une vocation. C’est plutôt le cinéma qui a croisé sa route.

--A 25 ans, il débute dans le métier comme réalisateur d’émissions de télévision, de reportages, documentaires et d’actualités télévisées qui l’amènent au cinéma par le biais du court-métrage avec Le Mariage de Clovis qu’il réalise en 1969. Le début d’une longue et belle carrière…

Une carrière bien remplie

Acteur. A ce jour, il a joué dans près de soixante films _ le premier en 1973 : La ville bidon, de Jacques Baratier _ dans sept courts-métrages et diverses séries télé ou téléfilms.

Réalisateur. Il a réalisé jusqu’à maintenant neuf films dont sept pour lesquels il a écrit le scénario. Son premier long-métrage _ Le voyage d’Amélie ( en 1974) _, tourné en dix-sept jours, a obtenu deux prix internationaux : le Prix de Rome et le Grand prix de la jeunesse au festival de Cannes. Ce film est classé dans le patrimoine du cinéma mondial depuis 2004. Quelques scènes ont été tournées à Paray-le-Frésil, notamment dans la salle polyvalente autrefois appelée « Cercle agricole ».

--Le second _ L’ombre des châteaux (1976) _ a obtenu le Prix d’argent lors du Festival international du film de Moscou.

--Le troisième _ La dérobade (1979) _ a connu un succès mondial et enregistré près de 3 millions d’entrée en France.

--A l’occasion du quatrième film _ L’amour trop fort (1981) _ quelques scènes ont été tournées à Paray-le-Frésil, notamment un match de foot au stade municipal.

--Quant au plus récent _ Le Temps des porte-plumes (2006) _ il a été tourné pour partie dans plusieurs communes de Sologne Bourbonnaise.

--Daniel Duval fut le premier cinéaste à entrer à l’Académie de France à Rome et à décrocher le Prix de Rome. Il a travaillé avec bon nombre de personnalités du milieu cinématographique : Bertrand Tavernier (Que la fête commence, 1974), Philippe Léotard (L’ombre des châteaux, 1976), François Leterrier (Va voir maman, papa travaille, 1978), Just Jaeckin (Le dernier amant romantique, 1978), Serge Gainsbourg (Scarface, court-métrage, 1982 ; Stan the flasher, 1990), José Gioavanni (Les loups entre eux, 1985), Michaël Haneke (Le temps du loup, 2003 ; Caché, 2005), Olivier Marchal (36 Quai des Orfèvres, 2004), François Ozon (Le temps qui reste, 2005), Michel Boujenah (3 amis, 2007), Alain Corneau (Le deuxième souffle, 2007)…

--Il a tourné avec ou fait tourner de grands noms du cinéma français : Jean Carmet, Marie-Christine Barrault, Miou-Miou, Philippe Léotard, Nathalie Baye, Jacques Villeret, Isabelle Huppert, Jeanne Moreau, Daniel Auteuil;

Ses souvenirs d’enfance

--A propos de ses parents nourriciers, Daniel Duval ne tarit pas d’éloges, notamment de son père Gustave qu’il a toujours considéré comme quelqu’un de merveilleux : « Tout le bien que j’ai en moi, c’est lui qui me l’a mis » (journal La Montagne, juin 2005). Il ne les a jamais oubliés et jusqu’à leur disparition, il a continué à venir les voir chaque fois que son emploi du temps le lui permettait. De son enfance en Sologne Bourbonnaise il a également gardé des souvenirs précis : l’odeur de la terre, après la pluie ou après les moissons. En attestent les magnifiques scènes champêtres du film Le temps des porte-plumes, un véritable enchantement pour le spectateur avisé qui peut presque sentir l’odeur des chaumes ! Un film non autobiographique mais largement inspiré de ses souvenirs d’enfance. Comme un « hommage » aux Quenneville.

--Aujourd’hui encore, il continue de venir sur la tombe de ses parents adoptifs, l’occasion de prendre un peu de repos en Sologne Bourbonnaise. « Surtout au moment des intersaisons, à cause des odeurs. Je vais au bord de l’Acolin, à l’Etang Notre-Dame, là où je rêvais » (La Montagne, juin 2005).

--Daniel Duval a toujours manifesté un certain attachement à sa terre d’accueil. Pour preuve, plusieurs des films qu’il a écrits et réalisés comportent des scènes tournées en Sologne Bourbonnaise. Des films pour lesquels il a également distribué des rôles de figurants aux gens d’ici.

--Après être apparu dans « Banlieue 13 ultimatum », « RTT », les séries « Mafiosa », « Engrenages » et « Hard », Daniel Duval était notamment à l’affiche du dernier polar d'Olivier Marchal, « Les Lyonnais », aux côtés de Gérard Lanvin et Tchéky Kario, sorti en novembre 2011.

Daniel Duval est décédé le mercredi 9 octobre 2013 à l'âge de 68 ans.

--Filmographie complète disponible sur : fr.wikipedia.org

Cette page a été réalisée par Sylvie Rayer avec l'aimable autorisation de l'artiste.

Qui était Antoine Briat ?

--Jeanne Briat, née à Paray-le-Frésil en 1864, donne naissance à Antoine Briat le 12 mars 1907 à Beaulon, lieu-dit « Bassigny ».

--Devenu cultivateur, Antoine Briat épouse Yvonne Kiéner, femme de chambre , le 29 novembre 1952. Mariage sans descendance dissout par jugement du tribunal civil le 13 janvier 1959.

--Briat est manchot, il lui manque le bras droit. Handicap de naissance ou du à un accident ? Plusieurs informateurs Garnatois accréditent la thèse d’un accident de chasse impliquant l’ablation du bras. Ainsi, François Lamouche se souvient-il que M. Henri Puzenat, qui connaissait bien Briat, lui a raconté que l’accident était survenu en chargeant un fusil à piston. D’autres personnes de Sologne Bourbonnaise l’ayant toujours connu manchot penchent plutôt pour un handicap de naissance. A ce jour, faute d’archives, aucune de ces affirmations ne peut être formellement prouvée.

--Pour certains de ses contemporains, Briat était « le braconnier du siècle », pour d’autres « le plus grand braconnier de Sologne bourbonnaise ». En tout état de cause, il fut un « personnage illustre », une personnalité atypique qui a marqué l’histoire locale. Antoine Briat a été et demeure l’objet de nombreuses rumeurs et anecdotes. De nombreux témoins racontent avec quelle adresse et quelle rapidité il se déplaçait à vélo, avec un seul et unique bras. Il est également beaucoup question, comme le montre le documentaire réalisé par Daniel Duval, des traques permanentes du garde-chasse Diry, de véritables chasse à l’homme que déjouait avec un certain brio le braconnier. Ce qui ne manquait pas d’alimenter les anecdotes et rendait finalement l’homme très « populaire ».

--Daniel Duval, qui était devenu son ami, disait de lui : « Briat, c’était le braco du coin. L’homme des bois. Briat, c’était l’homme libre ; c’était ma Bardot à moi ».

--Témoignage d’Henri Chervier

--Le Chevagnois Henri Chervier, qui a connu et côtoyé régulièrement Antoine Briat nous a écrit plusieurs anecdotes : « Antoine Briat était un grand braconnier de notre région. Pendant la guerre 39/45, alors qu’il était recherché par les allemands, il s’est caché dans un buisson d’épine d’où il n’est sorti qu’à la nuit. Il était l’homme sans arrêt recherché par les gendarmes et les gardes-chasse et souvent incarcéré à la « Mal Coiffée ». C’était un habitué des lieux mais il allait en prison quand ça lui convenait et pour une affectation aux cuisines. Certaines « autorités lui faisaient avoir une autorisation de sortie pour les alimenter en gibier quand elles avaient des invités de marque ! Un certain jour, alors que Briat rentrait sur Moulins à vélo, c’était là son véhicule de travail et de livraison, les gendarmes crurent qu’ils détenaient l’affaire du siècle ! L’engin était lesté de deux énormes baluchons sur les porte-bagages du guidon et de l’arrière. Vérification faite, il s’agissait d’herbe pour les lapins. La marchandise avait déjà été livrée en lieu sûr !

Un soir, les gendarmes qui eux aussi roulaient à vélo, aperçurent Briat et se mirent à le suivre mais l’homme, qui n’avait pourtant qu’un bras mais des mollets solides, les sema, rentra dans un champ d’un brusque coup de guidon et regarda sans doute avec satisfaction la maréchaussée continuer sa route.
Il n’y avait pas franchement de mauvaises relations avec un garde de Chevagnes, Mr Maupas. Chacun respectait l’autre. Mais quand il voulait, la nuit, faire courir les garde-chasses, il donnait deux coups de fusil à un endroit et s’enfuyait aussitôt pour qu’ils le recherchent vainement à l’endroit du tir. Ca devenait un jeu pour lui. Mais il avait un ennemi juré : Mr Diry, garde de la propriété de Tracy, les anecdotes foisonnent sur leur relation orageuse. Un jour qu’il passait au tribunal, le président demanda au garde-chasse qui l’avait surpris : « Monsieur le garde, vous êtes formel, l’accusé tenait bien son fusil à deux mains ? », « Véridique confirma le garde » ! Il avait oublié que Briat n’avait qu’une main !

Un jour de chasse à courre, alors que la meute de chiens était lâchée, beaucoup de ces pauvres bêtes furent prises dans des collets posés par le braconnier au point que la chasse dut être stoppée.

Un autre jour, Briat se trouvait au café tabac de Chevagnes quand le patron, qui était chasseur, discutait avec un autre nemrod au sujet du peu d’étendue qui leur était allouée pour exercer leur « art ». Briat prit part à la conversation et leur déclara que, lui, avait des milliers d’hectares à sa disposition, ce qui ne fit pas plaisir aux deux compères ! ». .

--Briat résistant

--Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Antoine Briat mit ses talents d’homme furtif et sa grande connaissance du territoire au service de la Résistance (cf l’ouvrage collectif édité par le Comité ANACR de Bourbon-Lancy, paru le 28 janvier 2011, pages 203-204). Il fit passer, avec l’aide de quelques complices, des chevaux pur-sang, des prisonniers évadés et des civils en zone non-occupée. Des actes pour lesquels il fut honoré de la Croix de guerre avec étoile de vermeil (cf article de presse paru dans le journal La Montagne du 3 juillet 1970).

---A l’heure de la retraite, il avait quitté sa maison de campagne pour emménager rue du Pont-Ginguet à Moulins. Il arrondissait ses fins de mois en réalisant ponctuellement des travaux de jardinage pour des notables moulinois.

--Antoine Briat est décédé le 7 septembre 1982 à l’hôpital de Moulins. Mais son souvenir reste lui bien vivant, Briat est passé à la postérité, il est une véritable légende en Sologne Bourbonnaise !

Cet article a été rédigé par Sylvie Rayer avec l’autorisation et en collaboration avec Bernard Briat, cousin du célèbre braconnier. Remerciements à Henri Chervier et François Lamouche.

Qui était François de Grossouvre ?

--Marie François Durand de Grossouvre est né le 29 mars 1918 à Vienne (Isère), descendant d’une famille originaire du Bourbonnais (XVIe siècle) fixée sur la commune de Grossouvre (Cher) comme maître de forges à la fin du XVIIIe siècle. Fils du banquier Maurice Durand de Grossouvre et descendant direct de Jean-François Durand, seigneur de Grossouvre (1737-1802), famille de juges et officiers des Basses Marches du Bourbonnais.

--Élevé chez les Jésuites au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, dans le 16e arrondissement de Paris, et à Franklin, il poursuit des études de médecine à Lyon. Il vouera d’ailleurs une véritable passion à la médecine tout au long de sa vie, sans n’avoir pour autant jamais exercé dans le civil.La quarantaine venue il enrichit son cursus d’un diplôme de rhumatologie et participe aux créations de la clinique Saint-Louis à Lyon et du centre anti-migraine de Vichy.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, François de Grossouvre est affecté comme médecin auxiliaire à un régiment de tirailleurs marocains avant de rejoindre une équipe d'éclaireurs skieurs dans le Vercors où il rencontre le capitaine Bousquet, membre de l'un des premiers réseaux de l'Organisation de Résistance de l'Armée (ORA). De retour à Lyon, François de Grossouvre obtient son diplôme de docteur en médecine en 1942 et devient médecin du 11e cuirassier, sous le commandement du colonel Lormeau.

En 1943, il quitte le Service d’Ordre Légionnaire où il avait été affecté quelques temps auparavant pour rejoindre le maquis de la Chartreuse près de Grenoble et participe aux combats du Vercors sous le nom de guerre de « Clober » (un nom inspiré de Claudette Berger, sa future épouse).

Pendant la guerre, il fait la connaissance,à bord d’un bombardier,de Pierre Mendès France grâce à qui il fera connaissance avec François Mitterrand.
En 1943, il se marie avec Claudette Berger, fille de l'industriel Antoine Berger, qui lui donne six enfants: Patrick, Xavier, Isabelle, Marie-France, Nathalie et Henri.

Les affaires avant la politique
En quelques années, François de Grossouvre devient un brillant homme d’affaires, reconnu par ses pairs. Il s'impose à la tête des sociétés de sa belle-famille : Le Bon sucre (1944-1963) et A. Berger et Cie (1949-1963), fonde ensuite la Générale sucrière. Ses liens avec les limonadiers lui permettent même d’obtenir une licence exclusive de production de Coca-Cola. Un fait rarissime.

Il est parallèlement conseiller du commerce extérieur de la France (1952-1967) et vice-président de la Chambre de commerce franco-sarroise (1955-1962).

Puis il étend son domaine d’activité à celui de la presse : en 1953, il investit dans la création du magazine L'Express ; dans les années 1970, il devient actionnaire majoritaire des quotidiens Le Journal du Centre et La Montagne.

Quel lien avec la Sologne bourbonnaise ?

C’est à l’occasion d’un voyage en Chine, en 1959, qu’il se lie d’une amitié profonde et sincère avec François Mitterrand. Passionné d’équitation et de chasse, François de Grossouvre achète une propriété dans l'Allier, à deux pas de Château-Chinon, bastion du futur Président de la République... Cette propriété, « Trevesse », est située sur la commune de Lusigny, en Sologne bourbonnaise. Une propriété à laquelle François de Grossouvre était très attaché et où il reçut à plusieurs reprises le président Mitterrand. Elu Président de la République en mai 1981, François Mitterrand fait appel à lui dès juin pour prendre en charge tout ce qui a trait à la sécurité et spécifiquement lesdossiers sensibles (Liban, Syrie Tunisie, Maroc, Gabon, Golfe, Pakistan et les deux Corées). Parallèlement, il est président du Comité des chasses présidentielles,fonction qu'il conservera jusqu'à son décès. En juillet 1985, il quitte ses fonctions de chargé de mission pour devenir conseiller international des avions Marcel Dassault (1985-86), mais conserve néanmoins son bureau élyséen et son appartement de fonction du quai Branly. Il continue de travailler, dans l’ombre, pour l’Elysée. François de Grossouvre est découvert mort par son garde du corps le 7 avril 1994 dans son bureau du palais de l'Élysée.Ses obsèques sont célébrées le 11 avril en l’église Saint-Pierre de Moulins, en présence du Président de la République François Mitterrand, de l’ex-président du Liban Amine Gemayel, des représentants consulaires du Maroc et du Pakistan, et des anciens ministres socialistes Pierre Joxe, Louis Mexandeau et René Souchon. François de Grossouvre est inhumé au cimetière de Lusigny.

Ces éléments sont extraits de diverses biographies.


Qui est Christophe Deloire ?

--Christophe Deloire est né le 22 mai 1971 à Paray-le-Monial, en Saône-et-Loire. Après avoir fréquenté les bancs de l’école primaire de Molinet où ses parents étaient instituteurs, Christophe poursuit sa scolarité à Digoin jusqu’au baccalauréat. Il enchaine avec une classe préparatoire à Lyon, une école de commerce puis l’ESEC à Paris avant d’intégrer le monde des médias. Des stages dans divers services de presse, au Quotidien de Paris et à la direction de l’information de TF1, le confortent dans son désir d’embrasser la carrière de journaliste.

--A l’occasion de son service en coopération, il rejoint le bureau de TF1 à Berlin où il apprend le reportage, l’écriture télévisuelle et la prise de vues. Bien que n'ayant pas fait d’école de journalisme, il apprend très vite.

--De retour à Paris, il intègre LCI où il occupe le poste de monteur d’images. Dans le même temps, il collabore à Arte, au Point et à quelques autres publications, mêlant ainsi de belle manière presse écrite et télévision. Mais c’est finalement dans la presse écrite, et notamment au Point, qu’il se fait, doucement mais sûrement, un nom dans le domaine de l’investigation. La contre-enquête de l’affaire Omar Raddad qu’il mène avec Roger-Marc Moreau, le détective privé travaillant au service de la défense, lui donne l’occasion de rédiger un article très étayé, aux sources maintes fois vérifiées, paru dans Le Point du 15 mai 1998. Un article qui assoit définitivement sa notoriété.

-- Christophe poursuit alors ce travail "d'enquêteur" dans diverses directions : affaires d’espionnage, affaires politiques, assassinat du préfet Erignac, etc. Autant d’enquêtes qui feront l’objet d’une publication (*).

--Après un passage à la tête du département « Littérature générale » chez Flammarion, sa carrière prend de nouvelles directions, mais toujours au service du journalisme : en 2007, il démissionne du Point pour participer à un projet de grand quotidien français calqué sur le modèle de l’allemand « Bild », un projet qui sera finalement abandonné ; en 2008, il devient directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris. A ce jour et depuis 2012, il est le nouveau directeur de l’ONG « Reporters sans frontières » et se bat sans relâche pour la liberté de la presse à travers le monde.

--Quel lien avec CSB ?

Christophe Deloire est le fils de Lucien Deloire qui est intervenu à plusieurs reprises à Chevagnes pour nous présenter de magnifiques diaporamas : Afrique du Sud, Cuba, etc. Lucien et son épouse, retraités, vivent toujours à Molinet. Ils partent régulièrement découvrir de nouveaux pays et en ramènent de magnifiques images que Lucien montent en diaporama afin de les partager avec tous les curieux intéressés.

(*) Publications : 1998, « Omar Raddad : contre-enquête pour la révision d’un procès manipulé », avec Roger-Marc Moreau ;
- 2001, « Histoires secrètes des détectives privés » ;
- 2003 « Cadavres sous influences » ; « L’enquête sabotée : comment l’assassin présumé du préfet Erignac a-t-il pu s’échapper », avec Christophe Dubois ;
- 2004, « Les Islamistes sont déjà là : enquête sur une guerre secrète », avec Christophe Dubois ;
- 2006, « Sexus Politicus », avec Christophe Dubois ;
- 2009, « La tragédie de la réussite » ;
- 2012, « Circus politicus », avec Christophe Dubois.
Par ailleurs, Christophe Deloire a collaboré à la réalisation du documentaire « Chirac intime », avec Laurent Delahousse et Erwan L’Eléouet, diffusé le 30 juin 2008, à 20 h 30 sur France 2, dans le cadre de l’émission Un jour, un destin.

 

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